Africains déportés, ils avaient été longtemps privés de toute liberté. Dès le 16è siècle en effet, ils étaient des millions à servir comme du bétail dans les plantations de coton du Sud de l’Amérique. L’évangélisation par le chant (le gospel) constitue l’unique porte de sortie, comme un exutoire pour ces hommes, femmes et enfants fils et petit-fils d’esclaves qui grâce à la transmission orale entrent dans un processus phénoménal d’expression populaire. Ce langage acharné et plein de foi s'est d'abord manifesté dans les plantations et ensuite au sein des regroupements clandestins d'esclaves révoltés . Les collectionneurs (blancs) contre toute attente s'intéressent à cette mouvance musicale et conviennent d'appeler « negro-spirituals » tous ces cris teintés de musique mélancolique mais non moins rythmée qui ont marqué tout un peuple. L'histoire retiendra que ce lien fort, cette nouvelle identité a soudé à travers le continent toutes les forces effreinées pour la liberation des esclaves.
Hier encore ces rengaines spontanées et communicatives sur fond de pleurs, de cris ou de lamentations, accompagnaient et rythmaient le dur labeur : ce sont les "Work Songs". L’espoir, le seul espoir c’est désormais Dieu, et c’est au 19ème siècle à l’Eglise que les esclaves découvrent avec mélancolie ces chants célestes, ces cantiques si merveilleux qui vont désormais influencer leurs inspirations, ne fut-ce que l’instant de rêver d’un monde meilleur, « le Paradis ». Franklin AKOA MVA |